Les 3 défis d'affaires de l'après-pandémie

L'économie québécoise traverse une étrange période de reprise mêlée d'incertitude. Reviendra-t-on jamais à la normale ? Ou devrait-on justement profiter de l'après-pandémie pour changer profondément ? Voici quelques pistes à explorer dans le nouvel environnement d'affaires.

Sophie Robillard Par Dany Pelletier Suivez-le sur LinkedIn


« La crise sanitaire n'est pas vaincue, mais force est de constater qu'on a appris à vivre avec. Malgré les circonstances, il s'est installé une économie dynamique et productive », déclarait Dany Pelletier devant un parterre d'entrepreneurs et décideurs du Québec lors du 30ème Congrès du capital d'investissement, tenu au mois d'octobre. Le premier vice-président aux placements privés et investissements d'impact du Fonds de solidarité FTQ donnait cependant un bémol : « même s'il y a matière à optimisme, il y a encore de gros nuages dans le ciel et il ne faut pas baisser la garde. »

Voilà qui résume la situation ambiguë dans laquelle se trouvent les entreprises en ce premier hiver où le pire de la pandémie semble pour de bon derrière nous. Plus des trois quarts des Québécois sont doublement vaccinés, mais pas tous; plusieurs secteurs ont repris un niveau d'activité égal ou supérieur au début 2020, mais pas tous. Pour chaque constat encourageant sur l'économie du Québec actuelle, il y a toujours un « mais ».

« La situation est fragile parce que le virus est encore présent, et elle est volatile parce qu'il y a des nouvelles sources de préoccupations comme les problèmes d'approvisionnement et les pressions inflationnistes », poursuivait Dany Pelletier. « En conséquence, il y en a qui tournent à plein régime, mais d'autres attendent encore la reprise. Le secteur culturel, l'hébergement, le transport passager sont encore fragilisés. Des milliers de personnes dans ces secteurs sont encore éprouvées. Il ne faut pas les oublier. »

Le Fonds, lui, a profité de la résilience de l'économie québécoise et en a fait bénéficier ses 3 700 entreprises partenaires. Durant l'exercice 2020-2021, le fonds d'investissement a versé plus d'un milliard de dollars dans l'économie du Québec, un terrain auquel il reste fidèle car la proximité, l'accessibilité, l'écoute, et la qualité des relations d'affaires font partie de ses principes directeurs.

Durant sa conférence, M. Pelletier a d'ailleurs présenté trois façons dont le Fonds aide ses partenaires à naviguer dans l'économie québécoise de l'après-pandémie, et à bien se positionner pour la suite.

Défi 1 – Risque de taux d'intérêt : gare au surendettement

Alors que plane la perspective de hausse des taux directeurs des banques centrales, et par conséquent des taux d'intérêt commerciaux, mieux vaut redoubler d'attention envers les niveaux d'endettement, prévient Dany Pelletier.

« Même les entreprises qui ont le vent dans les voiles doivent être prudentes et adapter leur stratégie financière pour préserver leur capacité de soutenir leur croissance, tout en faisant face à une possible hausse des taux », dit-il.

Défi 2 – Enjeux de main-d'œuvre : améliorer « l'expérience-employé »

À l'heure des pénuries de main-d'œuvre qualifiée, ce n'est pas juste l'expérience-client qui compte, mais aussi celle des employés – un principe fondateur du Fonds puisqu'il s'est vu confier les économies de 723 000 travailleurs québécois, et leur bien-être est donc au centre de ses décisions.

« Chaque employeur est différent, mais il y a une règle qui ne change pas : les premiers clients qu'une entreprise doit satisfaire, ce sont ses employés », dit Dany Pelletier. « L'organisation du travail, l'équipement, la technologie, la formation, la rémunération, sont autant d'éléments de solutions possibles pour attirer et retenir des employés talentueux. » 

Défi 3 – Facteurs ESG : un aspect incontournable du rendement

Pour préparer l'avenir, les entreprises doivent agir de manière responsable sur les plans social, environnemental, et de la gouvernance; ce sont les fameux « facteurs ESG ».

« Une entreprise, ce n'est pas un corps étranger planté sur un coin de rue. C'est un citoyen corporatif qui fait appel à des talents et à des ressources », rappelle M. Pelletier. « Les entrepreneurs doivent avoir un projet, des valeurs, une posture. Ils doivent réaliser que c'est là-dessus qu'ils vont être jugés par les jeunes qu'ils espèrent embaucher, par leurs clients, par leurs fournisseurs et par leurs investisseurs. »

En d'autres termes, le rendement à mesurer n'est plus seulement que financier, croit-il.

« Chaque investissement doit viser un double rendement, à la fois financier et social. Nous investissons l'épargne-retraite de nos voisins dans l'économie québécoise; c'est un engagement fort et nous en sommes très fiers. »  

Allié de 3 437 entreprises d'ici, le Fonds investit en moyenne 1,1 G$ par année depuis 5 ans.