Par Dominique J. Favreau

Blogueur en finances personnelles

Il n'est pas facile de toujours prendre des décisions optimales quand on gère ses finances. En fait, il est normal, parfois, de faire des erreurs, nous en faisons tous! En sachant les reconnaître et les corriger, il devient en revanche plus simple de se mettre en action et d'épargner plus facilement pour la retraite. Nous avons recensé 4 erreurs commises couramment et discutons de pistes de solutions simples pour les éviter.

01Laisser de l'argent dormir dans son compte de banque

Près d'un Québécois sur cinq affirme ne pas penser à épargner pour sa retraite, ce qui en amène inévitablement plusieurs à laisser de l'argent dormir dans leur compte de banque plutôt que de cotiser à leur REER ou à leur CELI puis d'investir. Pourtant, c'est une erreur qui coûte cher, car cet argent ne fructifie pas, et l'inflation annuelle fait en sorte qu'elle perd même de la valeur avec les années qui passent. Cela revient à faire un prêt à presque 0 % d'intérêt à son institution financière! De plus, des frais bancaires de transaction ou d'administration peuvent même venir gruger ces économies laissées dormantes.

Il y a tout avantage, en fait, à ne pas laisser son argent dans un compte bancaire et, au contraire, à l'investir. En effet, en ne tenant compte que de l'intérêt simple, 1 000 $ investi chaque année pendant 5 ans, à 3 % de rendement, rapportent 150 $ en intérêt. Le bénéfice est encore plus intéressant lorsque l'on calcule le rendement avec l'intérêt composé, alors que les intérêts s'accumulent année après année et fructifient eux aussi en plus du capital personnel investi. Les 1 000 $ deviennent alors 1 030 $ la deuxième année, puis 2 091 $ l'année suivante, et ainsi de suite. C'est donc plutôt 468,41 $ qui s'accumulent en rendement.

La façon la plus efficace de bénéficier de rendements aujourd'hui est d'opter pour des prélèvements automatiques ou des retenues sur salaire dont les sommes seront dirigées dans un véhicule d'épargne, comme le CELI ou le REER. En changeant simplement et sans trop d'effort la stratégie d'épargne, on évite de remettre à plus tard ce qui pourrait faire toute la différence pour réaliser des projets d'avenir.

Certaines personnes voudront tout de même absolument conserver ces sommes dans leur compte pour parer à des imprévus. Il sera alors important de bien magasiner son institution financière et de s'assurer que le forfait correspond aux besoins (p. ex. nombre de transactions mensuelles), avec des frais d'administration minimes et la possibilité d'avoir un compte à intérêts élevés.

02Se fier uniquement à son fonds de pension

Certains Québécois bénéficient d'un régime de retraite de leur employeur. Ce serait cependant une erreur de croire que celui-ci sera suffisant pour la retraite et que l'on n'a pas besoin de faire une planification financière complète! En effet, rien ne garantit que le régime de retraite de l'employeur sera nécessairement adapté à la situation de retraite et qu'il y aura assez d'argent pour les projets que l'on compte mener à ce moment-là.

En planifiant la retraite, on sera à même de bien comprendre les besoins, les projets et les coûts associés à celle-ci. Un planificateur financier pourra être d'une grande aide également afin de préparer différents scénarios selon plusieurs variables, comme l'âge de la retraite ou la vente d'une résidence secondaire. On peut également élaborer ses scénarios soi-même à l'aide de l'outil SimulR de Retraite Québec. Il sera alors plus facile de comprendre comment le régime de l'employeur peut permettre, ou non, d'atteindre des objectifs d'épargne et de déterminer précisément les montants que l'on devra épargner à côté afin de combler l'écart. En faisant cet exercice le plus tôt possible, on a plus de temps pour s'y préparer et il sera plus simple d'y arriver tout en fournissant moins d'efforts!

03Laisser passer les crédits d'impôt

Beaucoup de crédits d'impôt existent afin de réduire la facture fiscale des Québécois. Pourtant, beaucoup d'entre eux connaissent mal ceux auxquels ils ont droit. Or, ce sont autant d'occasions d'épargner! En se renseignant chaque année sur les crédits d'impôt disponibles avant de déclarer ses revenus, on peut maximiser le remboursement d'impôt lorsque vient le temps de faire sa déclaration de revenus. Les gouvernements fédéral et provincial mettent à jour fréquemment, en ligne, la liste des crédits d'impôt disponibles et ceux-ci changent pratiquement chaque année, ce qui peut réserver de belles surprises! En discutant avec son comptable ou son préparateur d'impôt, il est également possible d'obtenir les détails et les nouveautés de ces crédits. En voici quelques-uns qui peuvent être très intéressants pour épargner aisément.

Achat d'une première habitation

Les premiers acheteurs peuvent bénéficier d'un crédit d’impôt fédéral et provincial de 750 $ chacun. Un joli coup de pouce quand vient le moment de payer la « taxe de bienvenue »!

Traitement de l'infertilité

Les crédits d'impôt pour la couverture des frais médicaux reliés aux traitements d'infertilité sont maintenant disponibles au niveau fédéral, en plus de l'être au niveau provincial. On peut demander un crédit d'impôt fédéral pour traitement d’infertilité pour les 10 années précédentes, alors que le crédit d'impôt provincial pourra couvrir jusqu'à 80 % des frais de l'année courante.

Cotisation REER à un fonds de travailleurs

Si l'on cotise à un fonds de travailleur, comme le Fonds de solidarité FTQ, on peut obtenir un crédit d'impôt de 15 % pour chaque palier de gouvernement fédéral et provincial, pour un total de 30 %. De plus, on bénéficie toujours de la déduction REER associée à cette cotisation qui peut varier de 28,5 % à 53,35 % selon les revenus. Un double avantage!

Dons de bienfaisance

Lorsque l'on effectue des dons auprès d'organismes de bienfaisance, on peut demander le crédit d’impôt pour dons. Le crédit du gouvernement fédéral varie entre 15 % et 33 % selon les revenus et le montant du don. Le gouvernement provincial ajoutera un crédit d'impôt allant de 20 % à 24 % et le bonifiera si le taux marginal d'imposition du donateur est supérieur à 24 %.

Intérêts payés sur un prêt étudiant

Il est possible de déduire les frais d'intérêt payés sur un prêt étudiant pour les 5 années précédentes sur son rapport d'impôt fédéral et provincial. On peut bénéficier d'un remboursement pouvant aller jusqu'à 15 % et 20 % respectivement, pour un total de 35 % d'économie sur les intérêts payés!

RénoVert

Le gouvernement provincial peut rembourser jusqu'à 10 000 $ de dépenses liées aux rénovations écoresponsables d'une habitation résidentielle, comprenant par exemple l'amélioration de l'isolation ou la pose de nouvelles fenêtres. En plus de réduire l'empreinte environnementale et la facture d'électricité, cela permet de rembourser une partie du coût des travaux et même des permis et des taxes!

04Ne pas diversifier ses investissements

Il peut être tentant de se laisser séduire par les placements à la mode du jour ou de suivre les recommandations d'un ami ou d'un membre de la famille qui dit s'y connaître, plutôt que de suivre les conseils d'un conseiller financier inscrit à l'Autorité des marchés financiers. En revanche, celui-ci pourra élaborer une véritable stratégie d'investissement et choisir des placements adéquats, tout en assurant une bonne diversification du portefeuille, donc en évitant de mettre tous les oeufs dans le même panier.

L'utilisation de divers produits financiers, comme les fonds communs de placement, pourra permettre d'assurer une diversification simple et efficace du portefeuille. En effet, ceux-ci regroupent en un seul produit des centaines d'actions différentes, réparties dans des secteurs variés de l'économie, comme la finance, les matières premières et les technologies, et représentant plusieurs économies différentes, comme les États-Unis, le Canada, l'Europe ou la Chine. Investir dans des placements ayant des types d'actifs différents qui ne réagissent pas de la même façon selon les aléas de l'économie, comme les actions, les obligations et l'immobilier, permettra aussi une meilleure diversification du portefeuille. Ainsi, peu importe les situations économiques difficiles à venir, la volatilité du portefeuille sera plus faible et les variations de valeur au sein des placements seront atténuées. Il est important cependant de porter attention aux frais de gestion des différents véhicules de placement, car ils peuvent varier de 1 % à plus de 3 %, ce qui peut coûter très cher sur plusieurs années!

Il est bon de savoir qu'il n'est pas nécessaire de détenir une panoplie de produits différents pour s'assurer d'une bonne diversification. Un portefeuille composé de seulement quelques placements judicieusement choisis en suivant les recommandations d'un conseiller financier permettra facilement d'avoir de bonnes chances de maximiser son rendement pour les années à venir. De plus, il est également facile de réinvestir en contribuant régulièrement à l'aide de versements automatiques, que les placements soient dans un REER ou dans un CELI.

Réussir à bien épargner pour sa retraite peut représenter un défi pour plusieurs. Mais en commençant dès maintenant et en changeant simplement quelques habitudes, on se donne la chance de pouvoir y arriver plus facilement et plus sereinement!

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