Par Fonds de solidarité FTQ

Fonds de solidarité FTQ

Vous entendez probablement les gens de votre entourage dire qu'ils sont fiers d'acheter local. Mais qu'est-ce que ça veut vraiment dire, « acheter local »? En gros, c'est favoriser l'achat de produits manufacturés et cultivés au Québec, faire ses achats dans des commerces indépendants du quartier ou préférer les entreprises québécoises aux grandes multinationales. Et pour mieux comprendre à quoi sert l'achat local, voici quelques explications qui dépassent les arguments économiques.

Pourquoi acheter local?

Acheter local semble parfois coûter plus cher, en revanche, il faut souligner que les artisans québécois ont tendance à utiliser des intrants de bonne qualité dans leur production. Que ce soit par éthique ou par fierté, la qualité devient un argument de plus pour justifier le prix. Payer plus cher pour quelque chose qui durera plus longtemps, cela peut être intéressant.

Acheter local, c'est aussi plus équitable. Il existe des produits certifiés équitables qui ne sont pas locaux. Les normes du travail québécoises, elles, sont là pour nous assurer que tous les travailleurs d'ici sont bien traités, de la fabrication de la matière première jusqu'à la confection en passant par la conception.

Acheter local, c'est écoresponsable. Si ce qu'on achète est produit à proximité, cela veut dire qu'il y a moins de transport et moins de risques de pertes. Même si vous devez vous déplacer d'un commerce à l'autre, vous aurez tout de même fait moins de kilomètres qu'un bol à fruit fabriqué en Chine ou qu'un t-shirt confectionné au Cambodge et livré à Montréal par paquebot.

Finalement, bien que cet argument ne s'applique pas toujours, l'achat local et la production à petite échelle offrent la possibilité à certains producteurs d'attendre la commande d'un client pour se mettre à l'ouvrage et confectionner leur produit. Ceci permet au producteur d’éviter le gaspillage et de produire selon la demande.

Acheter local, ça coûte plus cher, non?

Imaginez votre futur nouveau chandail préféré, celui qui passera plus de temps sur votre dos que sur un cintre dans votre garde-robe. Si on prend en considération tous les coûts qui entrent dans la confection d'un vêtement – la fabrication du tissu, la conception, la création du patron, la coupe du tissu, la couture, la finition, l'emballage, le transport, la livraison en boutique pour laquelle il faut payer le loyer, l'électricité, la main-d'oeuvre, etc. – on se rend rapidement compte qu'il y a des tonnes de frais que doivent assumer les entrepreneurs d'ici.

Si chacun reçoit sa juste part, de la fabrication du chandail à la conception des étiquettes, le prix facturé par les créateurs d'ici n'est pas toujours si élevé. Et si le produit est conçu de A à Z ici, cela permet de créer et de maintenir des emplois chez nous.

D'accord, mais par où commencer pour acheter local?

Si vous êtes du genre à magasiner en ligne pour un manteau d'hiver comme pour un nouveau vélo, misez sur Internet pour découvrir des créateurs locaux. Profitez de leur présence en ligne pour jeter un oeil à ce que les producteurs et créateurs bien de chez nous vendent. Vous pourrez souvent vous procurer leurs produits directement, sans intermédiaires!

Vous préférez voir les produits avant d'acheter? Faites un tour à l'événement Etsy : Fait au Québec, un marché éphémère local qui célèbre tout ce qui est fait à la main. Les marchés locaux permanents valent également le détour.

À défaut d'acheter un produit fait ici, vous pouvez tout de même encourager une entreprise québécoise, que ce soit une librairie indépendante, des boutiques de vêtements de sport comme Lolë, de lunettes comme Newlook ou du matériel de plein air comme Sail. Bref, pour découvrir les boutiques et les créateurs d'ici, visitez les sites Signé localAttention, ce lien ouvrira un nouvel onglet. et Fait chez nousAttention, ce lien ouvrira un nouvel onglet., de véritables incontournables.

Votre assiette aussi peut avoir une saveur locale! Au Québec, nous cultivons des aliments, mais nous les transformons également. On peut penser aux croissants fraîchement sortis du four de la boulangerie du coin… Et que dire des fameuses bières de microbrasserie. Jetez un coup d'oeil au site Aliments du QuébecAttention, ce lien ouvrira un nouvel onglet. pour découvrir des aliments cultivés ou transformés ici.

Comment fait-on pour prendre de bonnes habitudes?

On veut bien payer un peu plus cher pour les biens qu'on achète parce qu'ils sont fabriqués ici, mais comment fait-on pour faire de l'achat local une habitude sans se ruiner? Voici quelques astuces qui pourront vous aider.

Acheter moins, mais acheter mieux

C'est mathématique. Si vos achats vous coûtent plus cher, vous devrez faire des choix pour ne pas vous ruiner. Prenez l'habitude de vous poser la fameuse question de Pierre-Yves McSween : « En as-tu vraiment besoin? » (Vous pouvez même lire son livre si vous êtes curieux!) C'est facile de ne pas réaliser qu'on consomme beaucoup, surtout quand on achète en ligne. Gardez en tête que des produits faits chez nous sont souvent de meilleure qualité et plus durables. En leur donnant la priorité, vous devriez avoir besoin d'en acheter moins souvent.

Dites-vous aussi que le Web peut vous permettre de dénicher exactement ce que vous voulez. Vous avez besoin d'une paire de bottes d'hiver indestructibles, imperméables et jolies? Il existe probablement une boutique au Québec qui a de quoi répondre à votre besoin. Ne vous contentez pas d'une solution de rechange; si vous achetez exactement la paire que vous voulez, vous la porterez vraiment parce que vous l'aimerez, plutôt que de la changer au milieu de la saison...

Prolonger la durée de vie de ses achats

Si vous investissez dans un vêtement, vous devrez probablement en prendre soin. Vous verrez que respecter les directives d'entretien d'un vêtement élimine bien des mauvaises surprises en matière de lavage! Et si vous devez faire faire un nettoyage à sec, dites-vous que vous encouragez le nettoyeur du coin!

Avec le fast fashion, on a un peu perdu l'habitude de faire réparer ses souliers par le cordonnier ou de faire raccommoder son pantalon par une couturière. En prenant soin de ses biens, on prolonge pourtant leur durée de vie. C'est donc un réflexe bénéfique pour le portefeuille et l'environnement.

Oser le rétro ou l'usagé

On adore le fait que le vintage soit une mode... tout sauf passagère. L'usagé est parfait pour tous ces moments où vous hésitez à acheter quelque chose parce que c'est une grosse dépense. Faites le tour des friperies, des brocanteurs ou même de sites de vente de 2e vie comme Kijiji et Marketplace qui vous proposent des résultats de recherche selon de votre région.

Ce qu'il faut garder en tête avec l'achat local, c'est que vous avez autant le droit de vous laisser émerveiller par des petites trouvailles dans les boutiques de chez nous que par celles que vous dénichez dans un commerce local quand vous voyagez. Pas besoin de s'aventurer sur un autre continent pour trouver de vrais trésors locaux et en ressentir une grande fierté. D'ailleurs, un road trip aux quatre coins du Québec peut également être un projet qui vous donnera la piqûre de l'achat local!

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